Antirétroviraux à action directe
Les antirétroviraux à action directe sont une catégorie de médicaments qui attaquent directement la capacité d’un virus, tel que celui de l’hépatite C, de se recopier (se répliquer). Différents types d’antirétroviraux à action directe interviennent dans le processus à différentes étapes du cycle de réplication. Le télaprévir (Incivek) et le bocéprévir (Victrelis) — les premiers antirétroviraux à action directe disponibles pour traiter l’hépatite C — sont tous les deux des inhibiteurs de la protéase (IP).
Le télaprévir et le bocéprévir sont de nouveaux médicaments que l’on peut ajouter au régime thérapeutique peginterféron/ribavirine pour traiter les personnes atteintes d’une infection chronique par le génotype 1 de l’hépatite C.
Le télaprévir et le bocéprévir sont de nouveaux médicaments que l’on peut ajouter au régime thérapeutique peginterféron/ribavirine pour traiter les personnes atteintes d’une infection chronique par le génotype 1 de l’hépatite C. On appelle cela la « trithérapie » — étant donné qu’elle combine trois médicaments : le peginterféron, la ribavirine et soit le télaprévir, soit le bocéprévir. Le télaprévir et le bocéprévir ne sont prescrits ni seuls (sans peginterféron et ribavirine), ni tous les deux ensemble.
Cet article fournit de l’information sur les sujets suivants :
- Le télaprévir et le bocéprévir sont-ils disponibles au Canada?
- Qu’est-ce que la résistance médicamenteuse et pourquoi l’observance thérapeutique est-elle importante?
- Quels sont les facteurs à considérer pour entreprendre une trithérapie?
- Que faire si une personne est coinfectée par le VIH?
- À propos du télaprévir
- À propos du bocéprévir
Le télaprévir et le bocéprévir sont-ils disponibles au Canada?
Le télaprévir et le bocéprévir ont tous les deux été homologués par Santé Canada comme étant des médicaments sécuritaires et efficaces pour traiter les personnes atteintes d’une infection chronique par le génotype 1 de l’hépatite C. Les professionnels de la santé peuvent donc les prescrire aux patients.
Actuellement, les plans d’assurance de santé publique de chaque province et territoire examinent les modalités de couverture des coûts de ces médicaments. Les programmes d’assurance de santé fédéraux font de même, ainsi que de nombreuses compagnies d’assurance privées. Vous pourrez trouver plus d’information sur le sujet dans la section La couverture de frais dans votre région de ce site Web, au fur et à mesure qu’elle deviendra disponible.
Qu’est-ce que la résistance médicamenteuse et pourquoi l’observance thérapeutique est-elle importante?
La résistance médicamenteuse se produit lorsqu’un virus est capable de se recopier (réplication) en dépit de la prise de doses correctes de médicaments — car le virus arrive à résister au médicament. La résistance ne se produit pas avec la prise de peginterféron et de ribavirine, mais elle peut intervenir avec des antirétroviraux à action directe comme le télaprévir et le bocéprévir.
Les horaires de prise de médicaments et les doses correctes ont pour but d’assurer qu’il y ait toujours assez de médicaments dans la circulation sanguine pour arrêter la réplication du virus. Lorsqu’on oublie de prendre des doses, les taux de médicaments dans le corps risquent, tout au moins temporairement, de descendre trop bas pour parvenir à maîtriser le virus. Si le virus continue à se répliquer quand il est exposé à ces bas taux de médicaments, il peut rapidement trouver un moyen de se recopier, même avec la prise de doses adéquates.
Les chercheurs suggèrent que la résistance du virus décline peu à peu, après l’arrêt du traitement par un inhibiteur de la protéase. Néanmoins, on ignore encore quelles sont les conséquences à long terme en cas d’évolution de la résistance médicamenteuse.
L’observance thérapeutique — qui consiste à prendre tous ses médicaments aux bonnes heures et chaque fois, comme prescrit par un professionnel de la santé — est un moyen d’éviter le développement de la résistance. L’observance maximise les chances qu’une personne parvienne à se débarrasser du virus.
Bien que l’observance thérapeutique puisse parfois s’avérer difficile, le patient et son réseau de soutien peuvent avoir recours à de nombreux moyens pour se faciliter la tâche. Pour obtenir plus d’information, consultez l’article Conseils pour bien suivre votre traitement.
Quels sont les facteurs à considérer pour entreprendre une trithérapie?
L’ajout d’un inhibiteur de la protéase (IP) à un régime thérapeutique de peginterféron et ribavirine comprend certains avantages. Il peut :
- augmenter les chances d’éliminer le virus chez les personnes atteintes d’une infection chronique par le génotype 1 de l’hépatite C
- raccourcir la durée du traitement pour certaines personnes atteintes d’une infection chronique par le génotype 1 de l’hépatite C
- améliorer la réaction au traitement chez les personnes atteintes d’une infection chronique par le génotype 1 de l’hépatite C qui avaient tenté un traitement auparavant, mais sans aucun succès
Cependant, la trithérapie n’est pas un bon choix pour tout le monde. Il faut prendre en considération certains problèmes potentiels importants, tels que :
- L’ajout d’un IP complique le régime thérapeutique, ce qui peut, chez certaines personnes, causer des difficultés d’observance. Les deux IP augmentent le nombre de pilules et le nombre de fois qu’un patient doit prendre ses médicaments quotidiennement. L’ajout d’un IP est aussi susceptible de causer ou d’aggraver certains effets secondaires. Le succès du traitement dépend de la façon dont une personne observe son régime thérapeutique.
- Il peut être difficile d’avoir accès à des IP dans certaines régions du Canada. Chaque province ou territoire décide individuellement quand, comment, et pour qui le coût de nouveaux médicaments sera couvert par un programme d’assurance de la santé publique.
- Pour certaines femmes, l’IP n’est pas une option de traitement satisfaisante. La ribavirine peut causer des déficiences congénitales, donc, dans les cas d’une grossesse possible, les deux partenaires doivent utiliser deux types de contraception durant le traitement et pendant six mois après. Cependant, l’inhibiteur de la protéase diminue l’efficacité des méthodes de contraception hormonale (comme la pilule, les injections, les implants et les timbres transdermiques). Les dispositifs intra-utérins, les diaphragmes avec spermicide et les méthodes contraceptives de barrière comme les condoms ne sont pas affectés par l’inhibiteur de la protéase.
- Les inhibiteurs de la protéase combinés à d’autres médicaments peuvent s’affecter mutuellement et causer aussi de sévères effets secondaires. Certains médicaments ne doivent jamais être pris conjointement avec une trithérapie qui comprend un IP. Il est primordial que les patients discutent avec leur professionnel de la santé de tout autre médicament qu’ils prennent, y compris les médicaments sur ordonnance ou sans ordonnance, les vitamines et les suppléments à base de plantes.
Que faire si une personne est coinfectée par le VIH?
À l’heure actuelle, le télaprévir et le bocéprévir ne sont approuvés que pour traiter les personnes atteintes d’une mono-infection par l’hépatite C. Des études se poursuivent afin de déterminer si ces médicaments sont sécuritaires et efficaces pour traiter les personnes qui sont coinfectées par le VIH et le génotype 1 de l’hépatite C.
À propos du télaprévir
Le télaprévir s’administre par voie orale trois fois par jour (toutes les 8 heures) sous forme de comprimés. Il doit être pris pendant ou juste après un repas. Le choix d’aliments ayant une teneur en matière grasse, comme le fromage, ou une tranche de pain grillée recouverte de beurre ou de beurre d’arachide, facilitera le passage du médicament dans la circulation sanguine.
Le télaprévir est fabriqué par Vertex.
Durée du traitement
Pour les personnes qui n’ont jamais suivi de traitement contre le VHC auparavant, le traitement combinant télaprévir, peginterféron et ribavirine dure pendant 12 semaines. Ensuite, le traitement au peginterféron et à la ribavirine se prolonge pendant au moins 12 semaines supplémentaires. Pendant ces 24 semaines, un professionnel de la santé surveillera le fonctionnement du traitement. Selon la façon dont le virus réagit au traitement :
- on peut arrêter le traitement (si le virus ne réagit pas)
- un régime thérapeutique de 24 semaines peut suffire pour éliminer le virus
- le traitement au peginterféron et à la ribavirine (sans le télaprévir) peut être prolongé pendant 24 semaines supplémentaires
On utilise une approche similaire pour les patients qui avaient déjà éliminé le VHC en prenant du peginterféron et de la ribavirine, mais qui l’ont vu revenir après la fin du traitement (cela s’appelle une rechute).
Pour les personnes qui avaient commencé à prendre peginterféron et ribavirine, mais qui ont dû arrêter parce que le traitement n’avait pas de succès, la trithérapie dure pendant 12 semaines, et on continue ensuite par la prise de peginterféron et de ribavirine pendant 36 semaines supplémentaires.
Au cours d’essais cliniques, environ 70 % des personnes qui n’avaient jamais été traitées pour l’hépatite C au préalable, ont éliminé le virus lorsque le régime thérapeutique comprenait peginterféron, ribavirine et télaprévir.
À propos du bocéprévir
Le bocéprévir s’administre par voie orale trois fois par jour (toutes les 7 à 9 heures) sous forme de comprimés. Il doit être pris durant ou juste après un repas.
Le bocéprévir est fabriqué par Merck Frosst Canada ltée.
Durée du traitement
Les patients débutent le traitement en prenant du peginterféron et de la ribavirine pendant quatre semaines, avant d’ajouter le bocéprévir à leur régime thérapeutique à la 5e semaine. Un professionnel de la santé surveillera le fonctionnement du traitement. Selon la façon dont le virus réagit au traitement :
- on peut arrêter le traitement (si le virus ne réagit pas)
- une personne qui a une très bonne réponse virologique au traitement peut sans doute arrêter son traitement :
- à la 28e semaine si la personne n’a jamais suivi de traitement contre l’hépatite C auparavant; ou
- à la 36e semaine si la personne a essayé au préalable un traitement au peginterféron et à la ribavirine, sans toutefois éliminer l’infection
- Le professionnel de la santé peut conseiller de continuer le traitement de peginterféron et ribavirine (avec ou sans bocéprévir) pour une durée totale de 48 semaines de traitement
Au cours d’essais cliniques, environ deux tiers des personnes qui n’avaient jamais suivi de traitement contre l’hépatite C auparavant, ont éliminé le virus en suivant un régime thérapeutique qui comprenait peginterféron, ribavirine et bocéprévir.
Publié 2011.



J'aime CATIE sur Facebook!
Suivez CATIE sur Twitter!



