Co-infection par le VIH
De plus en plus de Canadiens et de Canadiennes vivant avec l’hépatite C sont également porteurs du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Ceci s’explique en grande partie parce que les deux virus peuvent se transmettre par des contacts de sang à sang. Les personnes courent plus de risques de contracter les deux virus lorsqu’il y a partage de matériel contaminé par du sang (y compris le matériel pour la consommation de drogues injectables, les piercings, les tatouages ou les interventions médicales). De plus, les personnes séropositives sont plus susceptibles de contracter l’hépatite C. (Pour plus de renseignements, voir la section Quels sont les risques?)
Au Canada, environ 13 000 personnes vivent à la fois avec le VHC et le VIH. Bien que ces chiffres sont fondés sur des estimations et des prévisions, on peut quand même affirmer qu’environ 20 % des personnes vivant avec le VIH sont également porteuses du VHC, et environ 5,2 % des personnes vivant avec le VHC vivent également avec le VIH. Actuellement, les maladies du foie liées à l’hépatite C sont la principale cause de mortalité chez les personnes co-infectées par le VHC et le VIH.
Les personnes vivant à la fois avec le VIH et le VHC font face à des défis de taille liés à la santé et la progression de la maladie, aux décisions concernant leur traitement et à la stigmatisation. Il est possible de surmonter ces défis, mais pour ce faire, les personnes co-infectées doivent avoir accès à des soins de qualité, à de l’information fiable et à du soutien afin de pouvoir gérer ces deux infections et jouir d’une bonne santé pendant longtemps.
Pour en savoir plus sur le VIH, visitez le site Web de CATIE à l’adresse www.catie.ca. Vous trouverez ci-dessous un aperçu rapide, suivi d’un tableau comparant le VIH et l’hépatite C ainsi que de l’information au sujet de la co-infection :
Qu’est-ce que le VIH?
Le sigle VIH désigne le virus d’immunodéficience humaine. C’est un virus qui s’attaque au système immunitaire des humains et qui cause le sida. Sida veut dire syndrome d’immunodéficience acquise.
De quelle façon le VIH se transmet-il?
Le VIH est présent dans cinq liquides corporels : le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et anales et le lait maternel. Une personne peut être infectée par le VIH si elle est exposée aux liquides corporels d’une personne vivant avec ce virus. Au Canada, cela se produit habituellement de l’une des manières suivantes :
- relations sexuelles non protégées (surtout les relations anales ou vaginales) avec une personne infectée par le VIH
- réutilisation du matériel pour consommer de la drogue ayant servi à une personne infectée par le VIH
- transmission mère-enfant durant l’accouchement ou l’allaitement (si la mère est atteinte du VIH)
- transfusion sanguine effectuée au Canada avant novembre 1985
Le VIH et l’hépatite B entrent dans le corps de la même façon que l’hépatite C, alors il suffit de prendre les mêmes précautions pour éviter de contracter ces trois virus. (Pour plus de renseignements, voir la section Prévention et réduction des méfaits).
Qu’est-ce qu’une cellule CD4+?
Une cellule CD4+ est un type de globule blanc qui fait partie du système immunitaire. Comme d’autres parties du système immunitaire, les cellules CD4+ contribuent à protéger la santé des humains. Elles coordonnent l’activité des autres parties du système immunitaire, entre autres en les incitant à s’attaquer aux virus, aux bactéries et aux autres envahisseurs susceptibles de causer des maladies.
Que fait le VIH?
Le VIH entre dans les cellules CD4+ et s’en sert pour créer d’autres virus; il s’agit d’un processus appelé réplication. Suite à l’infection, les cellules CD4+ se mettent à mal fonctionner et finissent par mourir. Lorsque le nombre de cellules CD4+ diminue, les infections virales et bactériennes se produisent plus facilement et les personnes touchées risquent de tomber malades. Le compte de CD4+ est une mesure importante de la fonction immunitaire. Un système immunitaire sain compte généralement plus de 500 cellules, mais cela peut varier d’une personne à l’autre.
La charge virale en VIH est une autre mesure importante qui permet de suivre la progression de l’infection au VIH. Plus il y a de VIH dans le corps, plus le système immunitaire est attaqué et plus le risque de tomber malade est grand.
Au fil du temps, la destruction de beaucoup de cellules CD4+ fait en sorte que le système immunitaire perd de son efficacité. La personne touchée devient donc vulnérable à des maladies qu’un système immunitaire sain n’aurait aucun problème à maîtriser. On appelle ces maladies des infections opportunistes ou des maladies définissant le sida. Certains types de pneumonies (pneumocystose ou PPC) et de cancers (sarcome de Kaposi) figurent au nombre des infections opportunistes les plus fréquentes. Au Canada, si une personne porteuse du VIH présente l’une de ces maladies, on dit qu’elle a le sida.
Il est important que les personnes vivant avec le VIH consultent régulièrement un médecin pour faire suivre leur charge virale et leur compte de CD4+ parce que ces mesures sont nécessaires pour prendre des décisions concernant le début ou la modification d’un traitement éventuel contre le VIH.
Le traitement du VIH
Il est impossible de guérir le VIH à l’heure actuelle, mais il existe des médicaments qui le combattent bien. On les appelle antirétroviraux ou multithérapie antirétrovirale (TAR). Le traitement du VIH consiste en une combinaison de médicaments antirétroviraux (habituellement au moins trois) pris conjointement.
Les médicaments anti-VIH réduisent la charge virale en VIH dans le sang et le sperme jusqu’à des niveaux indétectables. La plupart des tests ne peuvent mesurer une charge virale de moins de 50 copies/mL. Même si on dit que la charge virale est indétectable, le virus est toujours présent dans le corps, et les risques de transmission sont considérablement réduits, mais elle peut tout de même se produire. Lorsque le virus est indétectable, il est incapable de tuer d’autres cellules CD4+, ce qui donne au corps l’occasion d’augmenter ses réserves de ces cellules et de mieux se protéger contre les maladies.
Le VIH est un virus futé qui est passé maître dans l’art de la mutation, ce qui veut dire que son matériel génétique subit constamment des changements. Ces changements donnent lieu à des « résistances médicamenteuses »; lorsque des résistances se produisent, la combinaison de médicaments d’un patient cesse d’agir efficacement et la réplication virale peut reprendre de plus belle. La résistance aux médicaments survient habituellement lorsque le patient cesse de prendre régulièrement ses médicaments. Cependant, il existe heureusement une vingtaine de médicaments anti-VIH et un grand nombre de combinaisons possibles, alors les personnes vivant avec le VIH ont à leur disposition plusieurs options de traitement pour les aider à vivre longtemps et en bonne santé.
Visitez www.catie.ca pour en apprendre plus sur le VIH et le traitement.
Comparaison entre l’hépatite C et le VIH
Même s’ils sont deux virus bien distincts, l’hépatite C et le VIH ont quelques caractéristiques en commun. Le tableau ci-dessous souligne les différences et les similarités entre les deux virus :
VHC et VIH : similarités et différences | ||
| VHC | VIH |
Transmission | Contact avec du sang infecté. | Contact avec du sang, du sperme, des sécrétions vaginales ou anales ou du lait maternel infectés. |
Modes de transmission les plus fréquents au Canada | Réutilisation du matériel ayant déjà servi à quelqu’un d’autre pour consommer de la drogue, particulièrement pour s’injecter. | Relations sexuelles non protégées. |
Dépistage | Le test de dépistage des anticorps permet de confirmer qu’une personne a été exposée au VHC. Le test de recherche de l’ARN permet de confirmer la présence de l’infection. | Un résultat positif au test de dépistage des anticorps permet de confirmer la présence de l’infection. |
Durée du traitement | Entre six mois et un an, selon le génotype du VHC. | À vie |
Traitement | À l’heure actuelle, la combinaison de peg-interféron et de ribavirine. | Multithérapie antirétrovirale (TAR), soit une combinaison de trois médicaments anti-VIH (antirétroviraux) ou plus. |
Réponse au traitement | Si le traitement réussit, le VHC peut être éliminé du corps. Chez environ 20 % des personnes infectées, le virus est éliminé spontanément, sans qu’un traitement soit nécessaire. | Il est possible de réduire le taux de VIH jusqu’à un niveau indétectable, mais il est impossible de s’en débarrasser complètement. L’infection peut parfois être une souche de VIH résistante aux médicaments et, dans ce cas, le patient ne répondra pas au traitement. |
Durée de survie du virus à l’extérieur du corps | Le VHC peut survivre à l’extérieur du corps durant au moins quatre jours. Dans certaines conditions, comme à l’intérieur d’une seringue, le VHC peut survivre jusqu’à huit semaines. | Quelques minutes seulement. Dans certaines conditions, comme à l’intérieur d’une seringue, le VIH peut survivre d’une à trois semaines. |
Les effets de l’eau de Javel sur la transmission | L’eau de Javel peut supprimer le VHC à la surface des objets. L’eau de Javel ne peut pas supprimer le VHC dans les seringues déjà utilisées. | L’eau de Javel peut supprimer le VIH à la surface des objets et dans les seringues. |
Possibilité de réinfection | Il n’existe aucune immunité contre le VHC. La réinfection peut se produire même si le virus a déjà été supprimé (spontanément ou par traitement). | Cette possibilité ne s’applique pas au VIH parce que ce virus ne peut pas être supprimé du corps. |
Possibilité d’infection par des souches multiples | Une personne peut être infectée par plus d’un génotype, bien que cela soit rare. | Une personne peut être infectée par plus d’une souche de VIH. |
Vaccin | Aucun vaccin contre le VHC à l’heure actuelle. | Aucun vaccin contre le VIH à l’heure actuelle. |
Période fenêtre (temps qu’il faut attendre après l’exposition possible avant de se faire tester) | Deux à quatre mois après l’exposition au VHC. | Trois mois après l’exposition au VIH. |
Partie du corps ciblée | Le VHC se réplique surtout dans le foie, causant ainsi des dommages à ce dernier. | Le VIH se réplique principalement dans les cellules immunitaires (cellules CD4+) et affaiblit ainsi le système immunitaire. |
Prévalence (estimations) | Canada : 250 000 | Canada : 65 000 |
Transmission : interactions
Lorsque le VIH est présent, on observe une augmentation des risques associés à deux modes de transmission de l’hépatite C :
D’une mère à son bébé lors de la grossesse ou à l’accouchement
- Lors de relations sexuelles non protégées.
L’enfant né d’une femme co-infectée par le VIH et le VHC risque davantage de venir au monde avec le VHC que celui d’une mère vivant avec le VHC seulement.
Le VHC peut être transmis par voie sexuelle, surtout chez les hommes gais, bisexuels et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et qui sont séropositifs. La transmission par voie sexuelle du VHC est rare, mais le risque augmente en présence du VIH, d’autres infections transmissibles sexuellement, lorsqu’une femme a ses règles et durant certains actes sexuels agressifs, tels que le fisting, les relations sexuelles en groupe ou avec des partenaires multiples. L’utilisation de condoms, de gants ou de digues dentaires réduira le risque de transmission de l’hépatite C en diminuant le risque d’être en contact avec du sang. (Pour plus de renseignements, voir La transmission sexuelle de l’hépatite C : Les hommes séropositifs gais et bisexuels sont-ils à risque?).
Dépistage : interactions
On recommande à toutes les personnes atteintes du VIH de passer un test de dépistage de l’hépatite C, et vice versa. Pour les personnes régulièrement exposées au sang d’autres personnes, il peut être approprié de subir régulièrement des tests de dépistage ou de redoubler de surveillance.
Si, faute de traitement, l’infection au VIH en est à un stade avancé, il est possible d’obtenir un faux négatif au test de dépistage des anticorps anti-VHC parce que la suppression immunitaire causée par le VIH affaiblit les capacités de production d’anticorps de l’organisme. Des tests additionnels peuvent donc s’avérer nécessaires pour déterminer si le VHC est présent ou pas.
Complications de la co-infection : Les effets sur l’hépatite C
Des études ont démontré que les dommages causés au foie par l’hépatite C (la fibrose et la cirrhose) sont fréquents et peuvent survenir plus rapidement chez les personnes co-infectées par le VHC et le VIH. Par conséquent, certains professionnels de la santé surveilleront plus souvent s’il y a dommage au foie chez les personnes co-infectées que chez celles mono-infectées.
Complications de la co-infection : Les effets sur le VIH
Il se peut que les personnes co-infectées aient un compte de CD4+ plus faible. Certaines études ont constaté que les personnes infectées par le VHC et le VIH connaissaient une augmentation plus légère de leur compte de cellules CD4+ lorsqu’elles commencent à prendre des médicaments anti-VIH que les personnes vivant seulement avec le VIH. Un compte de cellules CD4+ chroniquement faible peut affecter la progression du VIH et les personnes co-infectées pourraient être plus à risque de souffrir de certaines infections opportunistes.
Les personnes co-infectées pourraient également être plus à risque de souffrir de certaines maladies ne définissant pas le sida, notamment la cardiopathie, les maladies du foie, le diabète, l’ostéoporose et les troubles neurologiques.
Traitement : interactions
La gestion du traitement des personnes co-infectées par le VHC et le VIH est plus complexe que celle des personnes souffrant d’une seule infection en raison du fait que les personnes co-infectées peuvent réagir différemment aux médicaments utilisés pour traiter le VIH ou l’hépatite C. (Pour plus de renseignements, voir la section Le traitement contre le VIH et l’hépatite C).
Vivre en santé malgré la co-infection
Il est particulièrement important chez les personnes vivant avec les deux infections de faire activement la promotion d’une bonne santé générale (Pour plus de renseignements, voir la section Vivre avec l’hépatite C).
De plus, l’infection par une autre souche de VIH ou de VHC ou des virus additionnels, comme l’hépatite B, peut accélérer la progression des deux infections et compliquer les décisions quant au traitement. Il est donc important de prévenir les autres infections afin de vivre en santé avec le VIH et l’hépatite C. Par conséquent, toutes les suggestions pour réduire les méfaits et maintenir une bonne santé sont encore plus importantes pour les personnes co-infectées. (Pour plus de renseignements, voir la section Prévention et réduction des méfaits).


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